Fabienne Le Houérou, universitaire, chercheuse, a pris le parti de raconter, de l’intérieur, la situation de la communauté copte d’Egypte, mise à mal depuis l’attentat du début de 2011, à Alexandrie. Le roman Quatre et demi, paru en ce début d’année aux éditions Encre d’Orient (Paris), nous fait ressentir la réalité du déchirement. La littérature permet ce va-et-vient nécessaire entre la réalité et la réflexion. Le roman nous prend par la main pour nous entraîner dans ce monde lointain et inconnu que l’actualité propulse dans notre salon. Fabienne Le Houérou nous en parle.
-Pourquoi vous intéressez-vous à l’Egypte ?
J’ai habité l’Egypte pendant 4 ans dans un centre de recherche en tant que chercheuse. J’avais lancé un programme sur les migrations africaines forcées. Dans ce cadre, j’ai publié trois livres, Migrants forcés en Egypte et au Soudan, en 2004, Darfour, le silence de l’araignée, en me basant sur des enquêtes scientifiques longues dans les lieux des exilés africains. C’est ainsi que j’ai travaillé à Quatre et demi, un quartier dans la grande périphérie du Caire, où cohabitaient des coptes et des exilés du Soudan.
Le 1er janvier 2011, un attentat fait de nombreuses victimes parmi les coptes. Quelques jours après, les coptes rejoignent la révolution égyptienne, place
-Tahrir. Aujourd’hui, après la victoire des islamistes aux élections, comment les coptes envisagent-ils leur existence dans ce pays ?
Les coptes ont subi un attentat meurtrier à Alexandrie alors qu’ils priaient. En pleine messe, ils ont été meurtris de plein fouet avec une violence inouïe. Ils ont conclu que le régime de Moubarak ne les protégeait plus. Cet attentat a eu un impact extrêmement important dans la détermination de la communauté copte à renverser le régime. En effet, on a dit que les salafistes avaient commis cet attentat, mais la réalité est plus complexe et plus trouble. Les coptes ont pensé que, d’une manière ou d’une autre, l’armée était impliquée. C’est la raison pour laquelle ils ont massivement participé au renversement du régime, même les plus pauvres, comme dans le quartier de «Quatre et demi» sur lequel se base le roman. Les coptes ont récemment assisté aux funérailles d’un clerc d’Al Azhar, et récemment les Frères musulmans ont pris un candidat copte contre un salafiste dans une circonscription.
Les Frères musulmans se posent comme protecteurs de la communauté copte. Les coptes sont donc l’objet de chantage entre deux grands rivaux politiques. Les coptes les plus riches ont le loisir d’émigrer, même si cela reste pour eux un choix déchirant, car ils se sentent égyptiens à 100%. Les plus pauvres savent qu’ils sont les otages des batailles électorales… Ils semblent préférer les Frères musulmans, qui n’ont jamais proféré de menaces publiques, aux salafistes. Sur le Daily-motion, un cheikh salafiste s’est récemment exprimé en déclarant : «Les coptes n’existent plus en Egypte, scientifiquement.» Des termes qui nous rappellent de mauvais moments de notre histoire.
-Le livre éclaire sur une communauté dont on parle peu lorsqu’on aborde l’Egypte, celle des Soudanais chrétiens. Est-ce pour vous une façon de nourrir un ressort littéraire, ou cette présence est-elle si importante que cela ?
En parlant des Soudanais, j’évoque une réalité que je connais pour être spécialiste de cette question. Ce sont d’ailleurs les Soudanais qui m’ont introduite dans les milieux coptes. Il y a des milliers de réfugiés soudanais au Caire. Le Caire est la capitale où il y a le plus de réfugiés urbains dans le monde. 95% de ces réfugiés viennent du grand Soudan, pays voisin, en guerre depuis 1983. Moubarak disait qu’il y avait 4 millions de réfugiés soudanais ! Un chiffre complètement faux qui a engendré un racisme anti-africain. Rappelez-vous, en décembre 2005, le régime de Moubarak avait massacré 300 Soudanais ! Ils ont été sauvagement tués sur une place où ils campaient pour manifester en faveur de leur droit d’asile. Aucun média n’a parlé de ce massacre que j’ai relaté dans un film et un article (cf Darfour le silence de l’araignée, Paris, L’Harmattan, 2009).
Les Soudanais vivaient dans le même quartier que les coptes en provenance de Haute-Egypte déplacés eux aussi. C’est une logique réelle du déplacement.
-Pourquoi avoir choisi le style romanesque pour parler de la question des coptes en Egypte ?
En réalité, la fiction vient du style et dans la manière de construire le récit. J’ai puisé dans mon expérience de chercheuse en sciences humaines. Les personnages sont réels. Je les ai rencontrés au cours de mes enquêtes et m’ont inspiré une écriture où la fiction se mélange à la réalité. C’est si difficile de parler de religion de manière scientifique : j’ai préféré la fiction. Et puis, j’avais envie d’explorer le champ poétique. La science souvent nous interdit la poésie. Or, quoi de plus vrai ? C’est la poésie des êtres qui nous fait entrouvrir une forme d’authenticité, la saveur des territoires décrits et des êtres rencontrés. La ferveur, qui tient une place importante dans le livre, ne pouvait se narrer que de manière allégorique. Cette expérience textuelle a été vraiment un voyage sur un territoire poétique.
-Vous ne faites pas que des recherches et un travail d’écriture, vous êtes aussi derrière la caméra. Pourquoi ?
La fiction vient aussi de ma manière de travailler mes enquêtes scientifiques avec une caméra. La dimension visuelle de mes textes est une réalité de ce travail à l’image que je réalise moi-même, seule avec une caméra. J’ai réalisé trois films documentaires diffusés sur différentes chaînes de télévision (Nomades et pharaons, à voir sur Daily-Motion, Voix du Darfour visible sur TV5 monde… Et bientôt sortira le film Quatre et demi).
Les rumeurs autour de la santé du pape des coptes orthodoxes Chenouda III vont bon train en Egypte, où la question de sa succession se pose, mais aussi la représentativité des coptes en politique.
EGYPTE: LA SANTE DU PAPE CHENOUDA III SE DEGRADE
Les rumeurs font état depuis longtemps de la mauvaise santé du vénérable pape des Coptes, âgé de 88 ans. Mais c’est la première fois qu’un officiel, en l’occurence le président de l’Association générale égyptienne des coptes, en fait état publiquement. Selon Sherif Doss, le prélat souffre de diabète et d’une maladie rénale, mais il est toujours apte à occuper sa fonction; il doit d’ailleurs, selon des sources proches de l’entourage, délivrer son sermon hebdomadaire aujourd’hui. Le journal égyptien Al Masry-Al Youm a de son côté affirmé que le pape aurait été accueilli ces derniers jours dans un hôpital américain, ce qui lui est déjà arrivé il y a quelques semaines. Quant à Mgr Anba Basanti, évêque copte de Helwan et Maasara, il a démenti une rumeur tenace selon laquelle Chenouda III serait dans le coma.
> Chenouda III est la figure proéminente d’une Eglise copte-orthodoxe qui a bien du mal à avoir d’autres figures émergentes. La question de la succession de Chenouda se pose aujourd’hui avec une acuité particulière, alors que l’Egypte vient d’élire le premier parlement islamiste de son histoire, et que la longue tradition de soutien de l’Eglise copte aux gouvernements égyptiens successifs provoque le mécontentement d’une partie de la jeunesse chrétienne. Cette dernière préfère s’en remettre à d’autres représentants, issus de la société civile, comme les leaders du très actif Maspero Coptic Group, ou comme maître Naguib Gobrail, président de l’Union égyptienne des droits de l’homme, qui a appelé hier de ses voeux « l’émergence d’un Conseil politique copte indépendant de l’Eglise copte, et d’un parti politique copte ».
> Du côté des évêques, on commence à évoquer deux noms susceptibles de succéder à Chenouda. Le premier est celui du métropolite Mikhail d’Assiout, qui en tant que doyen du Saint-Synode en prendrait automatiquement la tête en attendant l’élection, ou, s’il refuse, celui d’Anba Bakhamious, métropolite d’El-Beheira. Mais le fait que les deux seuls noms circulant soient les noms de ceux que la règle canonique copte prévoit en cas de vacance n’est pas très bon signe de la vitalité du clergé copte.
(via La Vie)
Le Pape Shenouda III sera de retour à l’Egypte dimanche après avoir subi un traitement médical aux Etats-Unis.
Ses médecins ont accepté de le laisser partir de la clinique de Cleveland dans l’Ohio, son état étant maintenant stable.
Le pape était dans cette clinique pour un traitement qui a duré près de deux semaines, période pendant laquelle il a subi des traitements complets pour ses reins, le cœur et les jambes.
Une source au bureau du pape a déclaré que les rapports médicaux ont montré une amélioration dans les fonctions vitales de son corps.
Le pape a prononcé son sermon d’habitude mercredi en direct de l’hôpital, et semblait être en bonne santé.
Il a félicité les Egyptiens pour le premier anniversaire de la révolution 25 Janvier, et a salué le parlement nouvellement constitué et son président élu, Saad al-Katatny.
(via Al Masry Al Youm)
Les relations entre Musulmans et Chrétiens (majoritairement coptes) en Égypte sont sujettes à maints affrontements, plus ou moins violents, mais toujours lourds de conséquences.
La photo ici apporte une lumière différente, mais tout aussi révélatrice d’une autre forme de co-existence.
Le prêtre copte participe à une marche en portant le portrait du shaykh Emad Effat, un haut dignitaire musulman d’al-Azhar, tombé, en décembre dernier, sous les balles de l’armée égyptienne qui délogeait les manifestants place Tahrîr.
Tout un symbole… Un témoignage plus fort que de longs discours ou sermons.

Deux Coptes ont été tués aujourd’hui par balles par des inconnus dans le village de Bahgoura, à 600 km au sud du Caire, selon une source policière, qui précisé que plus de 1.500 Coptes avaient ensuite manifesté à Naga Hammadi, non loin de là, pour exprimer leur colère.
Les deux Coptes (chrétiens d’Egypte), Mouwad Hassaad et son fils Hassaad Mouwad Hassaad, ont été tués vers 17H00 locales alors qu’ils étaient assis devant leur commerce, selon la même source. Les assaillants ont réussi à prendre la fuite.
Peu après, plus de 1.500 Coptes se sont rassemblés devant le commissariat de la ville de Nagaa Hammadi (BIEN Nagaa Hammadi), en Haute-Egypte, pour protester contre ces meurtres.
Les Coptes représentent 6 à 10% des quelque 82 millions d’Egyptiens. Ils s’estiment victimes de discriminations et ont été visés par plusieurs attaques meurtrières ces dernières années. Le 1er janvier 2011 notamment, plus de 20 personnes avaient été tuées à la sortie d’une messe de nouvel an à Alexandrie, la deuxième ville du pays.
Et à Nagaa Hammadi déjà, six chrétiens et un policier musulman avaient été tués à la veille du Noël copte en janvier 2010, par trois hommes armés qui avaient ouvert le feu sur des Coptes qui sortaient de la messe ou faisaient des courses, entraînant des violences.
La victoire des Frères musulmans aux premières législatives post-Moubarak, de même que la percée de partis salafistes ultra-conservateurs, ont provoqué un regain d’inquiétude parmi cette communauté.
Voici les photos des manifestations à Nagaa Hammadi :



(via le Figaro)
Alors que l’Assemblée égyptienne, issue des premières élections de l’ère post-Moubarak, a tenu sa séance inaugurale avec, sur ses bancs, trois-quarts de députés islamistes, Jean Maher dénonce le processus électoral qu’il qualifie de « non-démocratique ».
Une interview de France 24 :
Pendant ce temps là, les blogueurs égyptiens réagissent de partout, à cette arrivée des « barbus » à l’assemblée égyptienne :


Des fillettes en robes blanches font la ronde et jouent au ballon dans un jardin aux couleurs pastel, floutées par une brume féérique. Un air joyeux et enfantin se mêle aux rires innocents. Un clip de promotion pour un parc d’attraction ? Une publicité pour une marque de jouets ? L’apparition d’un homme à la barbe fournie nous oriente sur la bonne piste : il s’agit d’une vidéo vantant les mérites du parti salafiste Al Nour, diffusée sur le web égyptien.
Une petite fille à la longue chevelure brune interrompt ses jeux pour venir discuter politique. Le monsieur barbu répond à ses questions avec un sourire angélique.
« Dis tonton, est-ce que c’est vrai ce que l’on dit, que le parti Al Nour va forcer les femmes à porter le niqab ? »
« Non, bien sûr, ce n’est pas vrai. Celle qui veut porter le niqab, qu’elle le porte, et celle qui ne veut pas le porter, c’est son choix. Beaucoup d’oulémas lui donnent raison », répond le salafiste.
« Et est-ce que, comme dit maman, le parti Al Nour va empêcher les femmes de travailler et les obliger à rester à la maison ? »
« Non, ça n’arrivera pas, car les femmes sont au cœur de la société. Mais dans leur travail, on préservera leur dignité et leur liberté. »
Puis notre homme prend la petite fille par la main et l’embarque dans un tour de l’Egypte rêvée par les salafistes : « Pour que tu rassures ta maman », lui dit-il. Il l’emmène voir une école et un hôpital, puis la fait monter dans un car très confortable pour aller faire un tour à la campagne. Chaque lieu est propre, bien ordonné, moderne : de quoi ravir l’Egyptien moyen, qui se retrouve chaque jour écrasé par la foule dans un bus poussif, ne peut en général pas se faire soigner faute d’argent, et dont les enfants n’apprennent rien à l’école, dans leurs classes de 50 élèves… Pas sûr que les Egyptiennes, par contre, soient rassurées par le « rêve salafiste » : pas d’institutrices, de doctoresses, ni de paysannes dans le clip d’Al Nour. femmes sont absentes de ce monde parfait. Seules des petites filles apparaissent, pour poser les questions qui taraudent la gent féminine.
« Ils disent qu’ils ne vont pas empêcher les femmes de travailler, mais il n’y en a aucune dans les lieux qu’ils nous montrent. C’est un peu contradictoire ! » note Bola Abdu, un militant des droits de l’homme originaire de Qena, dans le sud de l’Egypte. Et pour cause : les salafistes considèrent qu’il est « haram » de montrer une femme à l’écran.
Ce clip de campagne a fait à la fois rire et enrager tout ce que la blogosphère égyptienne compte d’activistes pro-démocratie. On s’est moqué de cette absence féminine incongrue, de la musique « hallal » particulièrement mauvaise, du jardin d’Eden peuplé de petites filles… C’est sur ce dernier thème qu’un remake a été concocté : le monsieur barbu devient un pédophile qui se fait passer pour le Père Noël, et ses sourires mielleux à la fillette prennent un tout autre sens. Une parodie choquante pour beaucoup de jeunes Egyptiens. « C’est vulgaire et vraiment pas drôle », juge Asmae, une étudiante en lettres. « Pourtant les points à critiquer dans ce clip ne manquaient pas. » Selon Bola Abdu, cette deuxième vidéo risque même d’être contre-productive : « Les gens vont trouver que c’est honteux de représenter des hommes religieux comme ça, et du coup ils vont se dire que décidément les libéraux ne respectent rien, tandis que les gens d’Al Nour, eux, ont des valeurs. »
Avec leur propension à rire de tout, les Egyptiens multiplient les blagues raillant les salafistes, et plus encore depuis que ces derniers ont raflé près de 25% des voix aux élections législatives. Asmae raconte celle qu’elle a entendue récemment d’un ami étudiant :
Un salafiste monte dans un taxi. Il demande au chauffeur d’éteindre la radio : « La radio n’existait pas au temps du prophète Mohammed. » Le chauffeur éteint la radio, puis s’arrête. « Les taxis n’existaient pas non plus à l’époque du prophète : je t’invite à descendre et à attendre le passage d’un chameau. »
Pour certains Egyptiens effrayés par la montée en puissance des islamistes, ces blagues aident à dédramatiser la situation. Mais l’humour qui ridiculise les salafistes semble rater sa cible : il ne fait rire que ceux qui les détestent déjà.
(via Mashallah News)
Christine Chaillot était l’invité de l’émission Matière à penser sur Radio Notre Dame, le 18.01.2012. Elle est revenue sur la situation des Coptes après la Révolution :
Une émission qui prend le temps de réfléchir sur le rapport entre culture et foi. Pierre Moracchini reçoit des personnalités qui sont philosophes, théologiens et historiens. Avec Christine Chaillot, écrivain et spécialiste des Chrétiens du Moyen-Orient
Le blogueur égyptien Maïkel Nabil, emprisonné pour avoir critiqué l’armée, a bénéficié d’une mesure de grâce décidée à l’occasion du 1er anniversaire de la révolte en Egypte, a déclaré samedi le président de la justice militaire.
Le blogueur Maïkel Nabil a été gracié à l’occasion du premier anniversaire de la révolution, a déclaré à la presse le président de la justice militaire Adel Al-Moursi.
Une décision de grâce a été prise pour Maïkel Nabil et 1959 autres prisonniers à l’occasion du 1er anniversaire du 25 janvier, avait indiqué plus tôt à l’AFP une source à la justice militaire, sous couvert de l’anonymat.
Condamné en avril à trois ans de prison par un tribunal militaire pour avoir critiqué l’armée égyptienne sur son blog, Maïkel Nabil avait vu sa peine réduite à deux ans en appel le 14 décembre.
Il avait écrit en mars sur son blog que l’armée, au pouvoir depuis la chute du président Hosni Moubarak en février 2011, protégeait ses propres intérêts et non ceux du peuple égyptien.
Son arrestation, fin mars, puis sa condamnation avait soulevé un tollé à l’étranger.
Trente groupes et militants de défense des droits de l’homme avaient rendu public fin décembre à Genève un appel demandant aux autorités égyptiennes de le libérer.
L’administration américaine avait demandé la révision du jugement militaire.
Plusieurs pays occidentaux et ONG avaient dénoncé le fait que, malgré la chute du régime d’Hosni Moubarak, les délits d’opinion continuent d’être jugés en Egypte par des tribunaux militaires.
La justice avait libéré le 25 décembre le blogueur et militant égyptien Alaa Abdelfattah, après deux mois de détention.
Alaa Abdelfattah était accusé d’avoir incité à la violence le 9 octobre, lorsqu’une manifestation de Coptes (chrétiens d’Egypte) protestant contre l’incendie d’une église a dégénéré en confrontation avec l’armée et les forces de l’ordre.
L’armée est vivement critiquée pour avoir traduit des milliers de civils devant des tribunaux militaires pour des chefs d’agression ou de viol, mais aussi d’insultes envers les généraux au pouvoir.
(via Maghreb Emergent)
Des musulmans ont attaqué environ cinq maisons coptes à Nagi Hamadi hier soir (19/01/2012). Ils les ont pillés puis brûlés. Beaucoup de véhicules appartenant à des Coptes ont également été brûlés. Les camions de pompiers ont pris 3 heures pour atteindre la plupart des maisons selon des témoins. L’incident a été provoqué par des problèmes liés aux élections. Les détails ne sont pas disponibles en ce moment. Trois véhicules de police étaient sur les lieux. Aucune arrestations n’a été effectuées. Les blessures ou décès ne sont pas connus à ce jour. L’église de l’Archange Michael, qui est situé dans la région n’a pas été attaqué.
Hier également, un groupe armé de militants salafistes se sont rassemblés devant le bâtiment de service copte d’Abu Maqar à Bahteem à Choubra Al Kheima en signe de protestation de son ouverture. Ce bâtiment devait servir 1200 chrétiens dans la région avec différents services.
Les musulmans ont jeté des pierres depuis l’extérieur vers l’immeuble et ont empêché les prêtres et les Coptes d’entrer. Les salafistes ont dénoncé que ce bâtiment était utilisé comme une église sans un permis approprié. Les Coptes disent que ce n’est pas une église mais un bâtiment pour servir les Coptes dans une région où il ya 1200 familles chrétiennes et aucune églises locale. Les Coptes sont frustrés par leur incapacité à accéder au bâtiment en disant que personne n’a le droit d’empêcher quiconque d’y entrer surtout si elles ne font pas partie des forces de sécurité.
En face, de nombreux Coptes sont arrivé pour défendre le bâtiment. Les groupes ont été séparés par quelques voitures de police ce qui en fait une situation potentiellement instable. Pas de présence de l’armée actuellement.
Un groupe de musulmans ont fait irruption dans le bâtiment 3 fois à différents moments dans les dernières 24 heures, et ont vandalisé l’intérieur. Des témoins disent que l’un des cheikhs locaux a été vu en face de l’immeuble en disant que cela ferait une belle mosquée.
Les coptes déclarent qu’ils resteront sur le terrain et sur leurs gardes aussi longtemps que nécessaire. Mgr Morcos de Shubra Al Kheima et le clergé sont sur leur chemin pour tenter de calmer la situation.




