Des heurts entre musulmans et chrétiens vendredi soir devant une église copte d’Alexandrie, la deuxième ville d’Egypte, ont fait un mort et des dizaines de blessés, rapporte le journal Al Ahram.
Une querelle entre deux jeunes gens, l’un chrétien l’autre musulman, s’est transformée en rixe familiale puis en affrontements dans un quartier ouest d’Alexandrie.
Les deux clans se sont jeté des cocktails Molotov avant l’intervention des forces de sécurité, qui ont bouclé le secteur autour de l’église.
La police a arrêté huit personnes après deux heures d’accrochages, a déclaré à Reuters un responsable de la sécurité égyptienne.
Voici en vidéos le résumé de la visite du Pape Tawadros II à Rome, et au Vatican :
- Arrivée du Pape Tawadros II à l’aéroport, et accueil par les évêques :
- Reportage en anglais sur l’arrivée du Pape Tawadros II au Vatican :
- Le Pape François à Tawadros II – unis par le baptême :
- Rencontre avec le Pape François au Vatican :
- Consécration de l’Eglise de la Vierge Marie à Rome :
Et découvrez notre album photo sur la visite du Pape Tawadros II à Rome sur notre page Facebook
Une chrétienne enseignant dans une école primaire égyptienne sera jugée à partir du 21 mai pour prosélytisme et insulte à l’islam, a indiqué mardi une source judiciaire.
Le procès de Dimyana Obeid Abdel Nour débutera le 21 mai. En attendant, cette membre de la communauté copte a été libérée contre une caution de 20.000 livres égyptiennes (2.900 dollars).
Selon la source judiciaire, une plainte signée par des collègues et des parents d’élèves l’accuse d’insulte à l’islam et de prosélytisme.
D’après certains de ses élèves, cette enseignante de Louxor (sud) aurait dit qu’elle « aime le père Chenouda », en référence au pape copte Chenouda III, décédé en 2012, a indiqué Amnesty International.
Elle aurait aussi « touché son genou ou son estomac en parlant du prophète Mahomet en classe », poursuit l’ONG dans un communiqué sans dire ce que cela pouvait signifier.
« Ce n’est pas un crime que de parler d’une religion, que ce soit de la sienne ou de celle de quelqu’un d’autre », a estimé Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty.
La loi égyptienne interdit les insultes envers les religions reconnues par l’Etat.
(via BFM)
Le quotidien Maariv a mis en ligne une vidéo amateur montrant la police de Jérusalem bousculant et brutalisant un pretre copte égyptien de 85 ans, pendant des heurts qui avaient aussi impliqué plusieurs diplomates égyptiens.
Les incidents se sont produits la semaine dernière avant la célébration de la Pâques copte.
Le chef de l’église copte de Ramallah, Abouna Arsanios, qui vit à Jérusalem, conduisait un groupe de personnalités au Saint sépulcre lorsqu’ils ont été arrêtés par des policiers chargés de canaliser la foule des fidèles, particulièrement nombreuse.
Selon Maariv, la police demandait aux fidèles entrer par le côté, en raison de l’encombrement de l’entrée principale, tout en laissant des petits groupes accéder à cette dernière.
Abouna Arsanios affirme que son groupe a alors été pris à partie par des policiers « qui ont bousculé un prêtre, l’ont jeté au sol et piétiné; nous n’avions rien fait, moi-même je suis tombé et ils m’ont frappé ».
Le film débute alors qu’ Arsanios est déjà aux prises avec les policiers, on le voit ensuite étranglé par derrière, entouré de fidèles et de policiers. Il a perdu conscience quelques instants et a été transporté à l’hôpital pour y être traité.
Le porte parole de la police israélienne, Mickey Rosenfeld, a refusé de commenter spécifiquement le film, tout en déclarant « qu’une enquête interne était déjà en cours ».
Une réunion entre la police et les représentants de l’église copte s’est par ailleurs tenue avant-hier.
Immédiatement après l’incident, le vice-ministre des Affaires étrangères, Ze’ev Elkin, a rencontré l’ambassadeur d’Egypte en Israël, Atef Salem, pour éviter un incident diplomatique; il a présenté des excuses officielles.
Selon la police, l’incident relèverait « d’une incompréhension » et ce type d’incidents serait « extrêmement rares ».
Elkin a rappelé l’enquête en cours, tout en affirmant « que les choses auraient pu se passer différemment », une critique à peine voilée de l’intervention policière qu’il juge « inappropriée ».
De son côté, l’ambassadeur d’Israël au Caire, Yaakov Amitai, a essuyé une « vive condamnation » des autorités égyptiennes, en des termes semble-t-il très durs.
Le pape François évoque la réalité de « l’oecuménisme de la souffrance », dont les chrétiens font l’expérience notamment en Egypte. Mais il fait aussi observer que le pardon et la réconciliation peuvent aussi germer dans la société du fait des souffrances supportées ensemble, croyants et non-croyants.
« Le Saint-Père François a reçu en audience ce matin, à 11 h, Sa Sainteté Tawardos II, Pape d’Alexandrie et patriarche du Siège de Saint Marc, Chef de l’Eglise copte orthodoxe d’Egypte », annonce le Vatican, 40 ans après la rencontre et la déclaration historique de Paul VI et Chenouda III.
Le pape se dit « convaincu » que « de nouveaux pas importants vers la pleine unité » pourront être accomplis.
Le pape Tawadros II a pour sa part invité le pape François en Egypte en disant en anglais: « J’espère pouvoir avoir bientôt l’honneur d’une visite de Sa Sainteté dans mon pays bien-aimé, l’Egypte ».
Le pape François a prononcé à l’adresse du patriarche et de sa délégation un discours dont nous publions notre traduction de l’italien.
Discours du pape François
Sainteté,
Chers frères en Christ,
C’est pour moi une grande joie et un vrai moment de grâce de pouvoir vous accueillir auprès du tombeau de l’apôtre Pierre, dans le souvenir de la rencontre historique qui unit, il y a quarante ans, nos prédécesseurs, le pape Paul VI et le pape Chenouda III, récemment disparu, dans une accolade de paix et de fraternité, après des siècles d’éloignement réciproque. C’est donc avec une affection profonde que je vous donne la bienvenue, Sainteté, ainsi qu’aux membres distingués de votre délégation, et je vous remercie de vos paroles. A travers vous, j’étends ma salutation cordiale dans le Seigneur aux évêques, au clergé, aux moines et à toute l’Eglise copte orthodoxe.
La visite d’aujourd’hui renforce les liens d’amitié et de fraternité qui unissent déjà le Siège de Pierre et le Siège de Marc, héritier d’un inestimable héritage de martyrs, théologiens, saints moines et fidèles disciples du Christ, qui, de génération en génération ont rendu témoignage à l’Evangile, souvent dans des situations de grandes difficultés.
Il y a quarante ans, la Déclaration commune de nos prédécesseurs a marqué d’une pierre blanche le chemin oecuménique, et à partir d’elle une Commission de dialogue théologique entre nos Eglises a apporté de bon résultats et a préparé le terrain pour un dialogue plus ample entre l’Eglise catholique et toute la famille des Eglises orthodoxes orientales, et continue avec fruit jusqu’à aujourd’hui. Dans cette déclaration solennelle, nos Eglises reconnaissaient de confesser, dans la ligne des traditions apostoliques, « une seule foi dans un seul Dieu Un et Trine » et la « Divinité du Fils unique de Dieu incarné […]. Dieu parfait quant à Sa Divinité et homme parfait quant à Son Humanité ». Elles reconnaissaient que la vie divine nous est donnée et est nourrie par les sept sacrements; et elles se sentaient associées dans la commune vénération de la Mère de Dieu.
Nous sommes heureux de pouvoir confirmer aujourd’hui ce que nos illustres prédécesseurs ont déclaré solennellement, nous sommes heureux de nous reconnaître unis par le même baptême, dont notre prière commune – qui aspire au jour où, une fois accompli le désir du Seigneur, nous pourrons communier à l’unique calice – est une expression spéciale.
Nous sommes bien sûr également conscients que le chemin qui nous attend est peut-être encore long, mais nous ne voulons pas oublier la grande route déjà parcourue, qui s’est concrétisée par de lumineux moments de communion, parmi lesquels j’aime à rappeler la rencontre de février 2000 au Caire entre le Pape Chenouda III et le bienheureux Jean-Paul II, pèlerin, au cours du Grand Jubilé, sur les lieux d’origine de notre foi.
Je suis convaincu qu’avec l’Esprit Saint pour guide, notre prière persévérante, notre dialogue et la volonté de construire jour après jour la communion dans l’amour réciproque nous permettront de faire des pas nouveaux et importants vers la pleine unité.
Sainteté, je suis au courant des multiples gestes d’attention et de charité fraternelle que vous avez réservé, dès les premiers jours de votre ministère, à l’Eglise copte catholique, à son Pasteur, le patriarche Ibrahim Isaac Sidrak, et à son prédécesseur, le cardinal Antonios Naguib. L’institution d’un « Conseil national des Eglises chrétiennes », que vous avez fortement voulu, représente un signe important de la volonté de tous ceux qui croient dans le Christ de développer dans la vie quotidienne des relations toujours plus fraternelles et de se mettre au service de toute la société égyptienne, dont ils font partie intégrante. Sachez que votre exemple en faveur de la communion entre les croyants dans le Christ, ainsi que votre intérêt vigilant pour le sort de votre pays et pour le rôle des communautés chrétiennes à l’intérieur de la société égyptienne, trouvent un écho profond dans le coeur du Successeur de Pierre et de toute la communauté catholique.
« Si un membre souffre, tous les membres souffrent ensemble; et si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui » (1 Co 12, 26). C’est une loi de la vie chrétienne, et dans ce sens, nous pouvons dire qu’il existe aussi un oecuménisme de la souffrance: de même que le sang des martyrs a été semence de force et de fertilité pour l’Eglise, de même, le partage des souffrances quotidiennes peut devenir un instrument efficace d’unité. Et ceci est aussi vrai, d’une certaine manière, dans le cadre plus large de la société et des rapports entre chrétiens et non-chrétiens: de la souffrance commune peuvent en effet germer, avec l’aide de Dieu, le pardon et la réconciliation.
Sainteté, en vous assurant de ma prière afin que tout le troupeau confié à votre sollicitude pastorale, puisse être toujours fidèle à l’appel du Seigneur, j’invoque la commune protection des saints Pierre Apôtre et Marc l’Evangéliste: ils ont collaboré efficacement au cours de leur vie à la diffusion de l’Evangile, qu’ils intercèdent pour nous et accompagnent le chemin de nos Eglises.
Le pape copte orthodoxe d’Egypte Tawadros II propose le 10 mai de chaque année comme Journée de « l’amour fraternel » avec l’Eglise catholique. Il a avancé cette proposition ce vendredi 10 mai, en rencontrant le pape François au Vatican, 40 ans après la rencontre de Paul VI et Chenouda III, le 10 mai 1973.
« Le Saint-Père François a reçu en audience ce matin, à 11 h, Sa Sainteté Tawardos II, Pape d’Alexandrie et patriarche du Siège de Saint Marc, Chef de l’Eglise copte orthodoxe d’Egypte », annonce le Vatican, 40 ans après la rencontre et la déclaration historique de Paul VI et Chenouda III.
« Puisse cette visite d’amour et de fraternité être la première d’une longue série entre nos deux grandes Églises. Je propose pour cela que le 10 mai de chaque année soit considéré comme la journée de la célébration de l’amour fraternel qui unit l’Église catholique et l’Église copte orthodoxe » déclare le patriarche copte dans ce discours dont nous publions notre traduction de l’anglais.
Il y souligne entre autres que c’est son premier voyage en dehors de son pays depuis son élection: c’est dire l’importance qu’il accorde à cette visite. Il salue le Vatican et son influence dans le monde, notamment « dans le domaine de l’éthique ainsi que ses efforts constants pour bâtir la paix sur la terre ».
Il rappelle aussi sa participation à l’intronisation du patriarche de l’Église catholique en Égypte, le patriarche Ibrahim Isaac: c’est dire combien il tient à la promotion de l’unité des chrétiens.
Avec le pape, ils ont prié pour la paix, autre objectif du dialogue entre les chrétiens: « travailler ensemble pour promouvoir le dialogue œcuménique et la paix sur la terre ».
Discours du pape Tawadros II
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, un seul Dieu. Amen.
« Le Christ est ressuscité, en vérité ressuscité »
« Grâces soient à Dieu qui, dans le Christ, nous emmène sans cesse dans son triomphe et qui, par nous, répand en tous lieux le parfum de sa connaissance. » (2 Co 2, 14)
Au nom de l’Église copte orthodoxe, du Saint Synode et de tous les coptes d’Égypte à travers le monde, je voudrais féliciter Votre Sainteté pour Votre divine élection comme pape et évêque de Rome. C’est l’une des plus hautes fonctions dans la communauté chrétienne, mais son importance est immense dans le monde, en particulier en cette période historique actuelle où le dialogue interreligieux est devenu si nécessaire.
Guidé par l’Esprit Saint, je voulais délibérément que cette visite d’hommages à Votre Sainteté coïncide avec le quarantième anniversaire de celle rendue à Paul VI, du 4 au 10 mai 1973, par Sa Sainteté, feu le pape Chenouda II, appelé aussi le pape des Arabes et le pionnier du Mouvement des lumières dans l’Église copte orthodoxe. C’était la première visite au Vatican du pape et patriarche de l’Église copte orthodoxe d’Alexandrie et la Déclaration commune fut signée le 10 mai par les deux papes. Cette année-là, j’étais encore étudiant à la faculté de pharmacie de l’université d’Alexandrie, en Égypte. Il faut aussi rappeler que, en réponse à cette visite, Sa Sainteté le pape Jean-Paul II s’est rendu en Égypte en l’an 2000.
C’est donc pour moi une occasion mémorable, tant par l’importance de cet événement en lui-même que parce qu’il marque l’anniversaire du geste historique et le plus significatif du pape Chenouda III.
Puisse cette visite d’amour et de fraternité être la première d’une longue série entre nos deux grandes Églises. Je propose pour cela que le 10 mai de chaque année soit considéré comme la journée de la célébration de l’amour fraternel qui unit l’Église catholique et l’Église copte orthodoxe.
Mon premier voyage hors d’Égypte depuis mon intronisation en novembre dernier, est pour venir d’Égypte rendre visite à Votre Sainteté. « Le pays du Nil », une terre immense dans une situation géographique magnifique.
Mon pays est la terre où est née la plus ancienne culture du monde, la civilisation des Pharaons. Mais ce n’est pas tout. L’Égypte est le lieu de naissance, ou le cadre de nombreuses autres civilisations importantes de l’antiquité : les Grecs et les Romains, les Coptes et finalement l’Islam. L’Égypte a été, comme nul autre, le témoin de signes divins. Comme le dit le prophète: « D’Égypte j’ai appelé mon fils »; et : « Bénis mon peuple l’Egypte». Un certain nombre de prophètes et de saints sont nés et ont vécu en Égypte, pays réputé pour la coexistence des religions.
Pendant plus de trois ans, la Sainte Famille a visité les villages et les gouvernorats égyptiens, se déplaçant d’est en ouest, du nord au sud, marquant ainsi le pays tout entier du signe de la Croix. Et Jésus-Christ a sanctifié cette terre en la foulant de ses pieds. Plus tard, dans les premières années du christianisme, saint Marc l’évangéliste a diffusé la doctrine catholique à travers l’Égypte avant d’être martyr à Alexandrie, la ville d’Alexandre le Grand, connu aussi comme « l’époux méditerranéen ».
Mon Église copte est très ancienne, son histoire s’étend sur plus de dix-neuf siècles. Elle a été fondée par saint Marc l’évangéliste au Ier siècle et, dans le cours du temps, elle a été irriguée jusqu’à aujourd’hui par le sang de nombreux martyrs, se fortifiant ainsi de plus en plus.
Le monachisme chrétien a son origine en Égypte, avec le grand saint Antoine, nommé aussi Père de tous les moines, qui a établi la pratique de la vie monastique. Plus tard, la pratique de la vie commune établie par saint Pacôme, qui était né en Haute-Égypte au milieu du IIIe siècle, s’est répandue d’Égypte vers le reste du monde.
Le monachisme a contribué à la formation de l’Église copte orthodoxe. Les coptes se sont développés dans le monde comme une entité religieuse solide, avec un caractère chrétien clair. La contribution de l’Église copte orthodoxe a été très certainement considérable. Les patriarches et papes d’Alexandrie ont joué un rôle majeur dans la théologie chrétienne.
J’aimerais faire remarquer que les relations entre l’Italie et l’Egypte sont fermement établies de longue date, se déployant sur plus de deux millénaires. Les deux pays peuvent se vanter de leurs remarquables civilisations méditerranéennes et d’un patrimoine humain qui les rend uniques au monde.
C’est pourquoi l’Italie a une grande place et une grande valeur dans nos cœurs. C’est aussi mentionné dans la Sainte Bible, dans les Épitres de Paul de Tarse, l’apôtre qui, au Ie siècle du christianisme, a établi avec saint Pierre le siège de l’Église chrétienne à Rome, ville où tous deux furent martyrs.
C’est à peu près la même année que l’apôtre saint Marc a établi le siège de l’Église chrétienne copte orthodoxe dans la ville d’Alexandrie.
L’Église copte orthodoxe et l’Église catholique sont étroitement liées. Elles ont toujours travaillé ensemble depuis les premiers conciles œcuméniques (en remontant au premier concile de Nicée, en 325, lorsque le « Credo de Nicée » a été formulé au IVe siècle, avec la contribution du courageux diacre Athanase, le plus jeune pape de l’Église copte et surnommé le « Protecteur de la foi »).
Le plus beau témoignage des relations solides qui unissent les deux Églises est la fondation de nos deux diocèses en Italie : Mgr Barnaba, à Turin, et Mgr Kiroulos, à Milan, qui sont les représentants officiels de l’Église copte orthodoxe et qui sont chargés de tout ce qui concerne les coptes, dont le nombre ne cesse d’augmenter. Tout le monde ici s’accorde à louer l’amour, la coopération féconde et le grand soutien apportés par l’Église catholique à l’Église égyptienne fondée dans votre beau pays.
L’Église catholique et l’Église copte ont toujours travaillé ensemble, au Moyen-Orient comme en Occident, pour faire prévaloir la paix. Pour l’une et l’autre, l’objectif le plus important est la promotion du dialogue œcuménique afin d’attendre le but le plus désiré, l’unité.
C’est pourquoi, pour la première fois dans l’histoire, j’ai tenu à participer personnellement à la cérémonie d’intronisation du patriarche de l’Église catholique en Égypte, le patriarche Ibrahim Isaac.
En février dernier, nous avons formé le Conseil des Églises en Égypte auquel participent toutes les Églises égyptiennes, en signe de notre solidarité et de notre amour fraternel.
Je suis fier de mon pays bien-aimé, l’Égypte, « la patrie qui vit au fond de nous », comme aimait le dire Sa Sainteté le pape Chenouda III, et je suis honoré et très heureux d’être ici, au Vatican. Bien que ce soit le plus petit pays du monde, c’est le plus important en raison de sa grande influence et de la sainteté de son service. Les Musées et la bibliothèque du Vatican possèdent des trésors artistiques exceptionnels qui témoignent de l’excellence du génie humain au cours des siècles. Il est important, enfin, de relever le rôle fondamental que joue ce pays dans le domaine de l’éthique ainsi que ses efforts constants pour bâtir la paix sur la terre.
Je voudrais conclure en formant le vœu que les excellentes relations qui existent entre les Églises copte orthodoxe et catholique puissent se renforcer et prospérer. Travailler ensemble pour promouvoir le dialogue œcuménique et la paix sur la terre sera notre objectif commun. Que le Seigneur aide et soutienne Votre Sainteté dans Votre sainte mission !
J’espère pouvoir avoir bientôt l’honneur d’une visite de Votre Sainteté dans mon pays bien-aimé, l’Egypte. Une fois encore, l’Église copte tout entière, les communautés religieuses et le peuple égyptien expriment toute leur allégresse et leur grande joie à Votre Sainteté.
Enfin, je voudrais remercier Votre Sainteté pour Votre chaleureux accueil. Que la paix du Seigneur soit avec vous tous !
Au revoir, en Égypte !
(via Chretiente.info)
Recevant pour la première fois le patriarche copte-orthodoxe d’Alexandrie vendredi 10 mai, le pape a évoqué un « œcuménisme de la souffrance »
Le patriarche copte-orthodoxe d’Alexandrie Tawadros II a rencontré le pape François vendredi 10 mai au Vatican, partageant avec lui un « moment commun de prière » œcuménique. Il s’agit de la première visite d’un patriarche de la principale Église non catholique du Moyen-Orient depuis 1973. C’est également le premier déplacement à l’étranger du patriarche depuis son élection, en novembre 2012. La minorité copte d’Égypte – 6 à 10 % de la population – est confrontée à la montée de l’islamisme, certains de ses membres choisissant la voie de l’émigration.
La veille de l’élection du pape François, Tawadros II avait assisté au Caire à la messe d’intronisation du nouveau patriarche de la petite communauté copte-catholique, S. B. Ibrahim Sidrak. Ce geste nouveau avait alors été remarqué. En 1973, le pape Chenouda III, prédécesseur de Tawadros, avait rencontré le pape Paul VI au Vatican. Jean-Paul II s’était, quant à lui, rendu au Caire en l’an 2000.
TAWADROS II ATTENTIF À ENTRETENIR UNE RELATION CHALEUREUSE AVEC L’ÉGLISE CATHOLIQUE
Manifestement attentif à entretenir une relation chaleureuse avec l’Église catholique, Tawadros II a insisté devant le pape François sur sa volonté personnelle de faire coïncider la date de sa visite au Vatican avec le 40e anniversaire de la visite de son prédécesseur à Paul VI. De même, il a proposé que, chaque année, soit célébré le 10 mai « l’amour fraternel qui unit l’Église catholique et l’Église copte-orthodoxe ».
Enfin, il a souligné sa décision d’assister « personnellement » à la messe d’intronisation du nouveau patriarche copte catholique, S. B. Ibrahim Sidrak, et a rappelé qu’il avait soutenu la création du nouveau Conseil des Églises d’Égypte. Rappelant que son Église avait été fondée par saint Marc et « irriguée par le sang de nombreux martyrs », il s’est félicité de voir les deux Églises « fortement interconnectées », et il a invité le pape à se rendre en Égypte.
LES COPTES « SONT PARTIE INTÉGRANTE DE LA SOCIÉTÉ ÉGYPTIENNE »
En réponse, le pape François s’est félicité « des liens d’amitié et de fraternité qui existent entre le Siège de Pierre et le Siège de Marc », ce dernier étant « l’héritier d’une lignée inestimable de martyrs, de théologiens, de saints moines et de disciples fidèles du Christ, qui ont témoigné de l’Évangile de génération en génération, souvent dans des situations de grande adversité. » Le pape a confirmé l’orientation donnée par ses prédécesseurs, se félicitant des signes d’union donnés par le patriarche orthodoxe, et insistant sur le fait que les coptes « sont partie intégrante de la société égyptienne », au service de laquelle ils sont tous engagés.
Mais surtout, le pape François a évoqué un « œcuménisme de la souffrance » : « Tout comme le sang des martyrs a été une semence de force et de fertilité pour l’Église, de même le partage des souffrances quotidiennes peut devenir un instrument effectif d’unité. » Allant plus loin, le pape François a étendu cette notion aux relations entre chrétiens et non-chrétiens : « À partir des souffrances partagées peuvent en effet surgir le pardon et la réconciliation. »
« ACCOMPLIR DE NOUVEAUX PAS IMPORTANTS VERS LA PLEINE UNITÉ »
« Je suis convaincu que, guidés par l’Esprit Saint, notre prière persévérante, notre dialogue et la volonté de construire jour après jour la communion dans l’amour nous permettront d’accomplir de nouveaux pas importants vers la pleine unité », a-t-il déclaré à l’adresse de Tawadros II.
Celui-ci avait vivement critiqué le mois dernier le président islamiste Mohamed Morsi, l’accusant de « négligence » lors d’affrontements devant la cathédrale Saint-Marc. Le primat de la plus grande Église chrétienne du Moyen-Orient avait alors estimé que ces tensions entre communautés religieuses avaient désormais atteint un « niveau de chaos ». Mohammed Morsi avait ensuite appelé le patriarche pour condamner ces violences. Depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en février 2011, une cinquantaine de chrétiens et plusieurs musulmans ont été tués dans des heurts entre communautés religieuses.
L’Église copte a pris des positions très critiques contre le pouvoir de Mohammed Morsi, notamment à l’occasion de l’adoption d’une nouvelle constitution, accusée de faire la part belle aux thèses islamistes. Tawadros II a regretté que rien de concret n’ait été fait pour améliorer le sort des coptes depuis l’arrivée au pouvoir des Frères musulmans.
« La société égyptienne est construite sur des piliers qui portent la société, a-t-il expliqué. Parmi ces piliers se trouvent Al-Azhar, l’Église et le pouvoir judiciaire. Si nous touchons à ces piliers ou les détruisons, le résultat sera l’effondrement de la société », avait-il affirmé.
(via La Croix)
40 ans après la rencontre historique entre le pape copte orthodoxe Chenouda III et Paul VI, le patriarche d’Alexandrie Théodore (Tawadros) II est en visite au Vatican, du 9 au 13 mai 2013. Le chef de l’Eglise orthodoxe d’Egypte y rencontrera notamment le pape François, avec qui il partagera également un temps de prière.
Pour son premier déplacement à l’étranger depuis son élection en novembre 2012, le chef de la plus grande Eglise chrétienne du monde arabe a donc choisi Rome, 40 ans après le voyage de Chenouda III. En mai 1973, le pape copte orthodoxe avait signé avec Paul VI une importante déclaration commune sur le Christ et lancé le dialogue bilatéral entre leurs deux Eglises. Ce nouveau voyage devrait être l’occasion d’évoquer le sort des chrétiens d’Orient, en particulier des communautés coptes en Egypte, où le pouvoir est désormais entre les mains des Frères musulmans. L’approfondissement du dialogue théologique entre les deux Eglises devrait aussi être évoqué.
A Rome et au Vatican
Arrivé ce 9 mai en tout début d’après-midi au Vatican, le pape copte orthodoxe de 60 ans déjeunera à la Maison Sainte-Marthe, son lieu de résidence durant les 5 jours à venir. Il se retrouvera ainsi aux côtés du nouveau pape qui a pris ses quartiers dans cette résidence pour le clergé, non loin de l’abside de la basilique Saint-Pierre. Il visitera ensuite la basilique vaticane et les fouilles archéologiques situées sous l’édifice, où se trouve le tombeau de l’apôtre Pierre.
Après une rencontre au Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, dans la matinée du 10 mai, le pape Théodore II s’entretiendra avec le pape François. Les deux hommes prieront ensuite ensemble. Dans l’après-midi, le chef copte orthodoxe se rendra au cœur de Rome (Italie) pour y rencontrer le maire, Gianni Alemanno, avant de visiter le célèbre monument du Colisée.
Le 11 mai, le pape Théodore II visitera d’abord les Musées du Vatican avant de rencontrer la communauté copte orthodoxe de Rome, dans une paroisse de l’Est de la ville. Le lendemain, il présidera une “divine liturgie“ dans une autre église copte orthodoxe de Rome avant, dans l’après-midi, de visiter la basilique Saint-Paul hors-les-murs et le site présumé du martyr de l’apôtre Paul, Tre Fontane.
Au dernier jour de son voyage, le 13 mai, le pape Théodore II présidera une nouvelle cérémonie dans une paroisse romaine avant de s’entretenir avec le préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, le cardinal Leonardo Sandri.
Le 4 novembre dernier, Théodore II (Tawadros II) avait été désigné pour succéder à Chenouda III, pape copte orthodoxe de novembre 1971 jusqu’à sa mort en mars 2012. Comme le veut la tradition, son nom avait été tiré au sort par un enfant aux yeux bandés parmi les 3 religieux élus auparavant parquelque 2500 membres de l’Eglise copte orthodoxe, religieux et laïques.

(via Marie Malzac)
Une nouvelle fois, de nombreuses personnalités politiques et publiques étaient présentes dans les célébrations de Pâques à la Cathédrale du Caire :
Amr Moussa, homme politique et diplomate égyptien. Il a été ministre des Affaires étrangères de 1991 à 2001, puis secrétaire général de la Ligue arabe de 2001 à 2011 :

Cheikh Ahmed El Tayeb, d’El Azhar :


Adel Imam, grand acteur égyptien, saluant le peuple :


Amr Hamzawy, chef de groupe libéral :


Mohamed Abu Hamed, Député au Parlement (dissous) et Président du parti « Vie des Égyptiens » :





