Posted in News on février 15, 2012

C’est toujours plus ou moins les mêmes prétextes qui sont invoqués par les Égyptiens musulmans pour terroriser les Chrétiens et brûler leurs églises. Le plus souvent c’est la préservation de la Femme musulmane. Les salafistes, avec la complicité des autorités, procèdent au nettoyage confessionnel de l’Égypte.

Une foule de près de 20.000 musulmans radicaux, principalement des salafistes, ont tenté aujourd’hui de pénétrer de force et d’incendier l’Église Sainte-Marie et Saint-Abram dans le village de Meet Bashar, dans la province de Sharqia. Ils réclament la mort d’Abouna Guirgis Gamil, pasteur de l’église, qui n’a pas pu sortir de sa maison depuis hier. Près de 100 Coptes terrorisés ont cherché refuge à l’intérieur de l’église, alors que les émeutiers musulmans lançaient des pierres sur l’église. Des Coptes ont été blessé et des bâtiments incendiés. La maison d’un Copte située près de l’église et celle du gardien de l’église ont été incendiées, ainsi que trois voitures.

À l’origine de cette émeute musulmane, la disparition d’une jeune fille convertie à l’islam, après une dispute avec son père qui avait arrangé son mariage. Le père, également converti à l’islam, accuse le prêtre chrétien d’être derrière la disparition de sa fille.

Le 27 janvier dernier, quelque 3000 musulmans avaient chassés 62 familles coptes d’un village près d’Alexandrie en mettant le feu à leurs maisons et leurs commerces sous prétexte qu’un jeune Copte du village avait des photos d’une jeune fille musulmane sur son téléphone portable

(via AINA)


Posted in News on février 15, 2012

Un copte et une musulmane pensaient vivre leur amour au grand jour. La révélation de leur idylle met leur village à feu et à sang.



Une étrange histoire d’amour entre un jeune copte et une jeune musulmane occupe actuellement la presse égyptienne, et divise l’opinion publique. L’histoire est étrange parce qu’elle ne repose jusqu’ici sur aucune preuve formelle, mais sur une forte présomption.

Au village d’al-Amiriya à majorité islamiste dans le sud d’Alexandrie, une idylle est née depuis plusieurs mois entre le tailleur copte Mourad Guirgis et une jeune musulmane dont l’identité n’a pas été révélée. Comme tous les amoureux, ils ont dû s’enlacer, marcher main dans la main le long du rivage, faire des rêves fous… Tout allait bien tant qu’aucun témoin n’a surpris leur bonheur.

Vindicte

Fin janvier 2012, le barbier du village affirme que Mourad Guirgis entretient une relation avec une musulmane, et qu’il a dans son téléphone portable des photos indécentes de la jeune fille. L’accusation se propage aussitôt, et la colère monte. Le tailleur ne joue pas les Roméo, mais se précipite vers le poste de police pour être protégé. Placé dans une cellule, il échappe à la vindicte des villageois, mais sa maison est incendiée. Par la suite, la fureur augmente, et les maisons de ses proches sont également incendiées. Les forces de sécurité assistent à cette frénésie sans intervenir.

La police ne trouve évidemment aucune photo compromettante dans le téléphone du tailleur, et la jeune fille soupçonnée de le fréquenter nie farouchement.

Les « anciens » du village appellent des délégués musulmans et coptes pour tenter d’enrayer les dégâts. Mais toute conciliation s’avère impossible. Les musulmans sont des salafistes, et à leurs yeux ce « crime » doit être puni.

Bannissement collectif

La deuxième séance de conciliation est présidée par un éminent cheikh salafiste. Sa décision est catégorique et surprenante : « Pour calmer les esprits, huit familles coptes devront quitter le village, et leurs biens seront vendus. » Les délégués coptes, au nombre desquels se trouve le curé, se voient contraints d’accepter la sentence pour éviter que la situation ne s’aggrave. Mais cet épilogue inique ne calme pas les esprits. De nombreux partis politiques s’insurgent contre une punition collective, illégale, qui porte atteinte à l’unité nationale et envenime les relations confessionnelles. Le Conseil communautaire copte-orthodoxe dénonce cette condamnation qui favorise les agresseurs aux dépens des victimes. Plusieurs ONG de défense des droits de l’homme plaident pour une application rigoureuse de la loi, afin d’éviter la survie de coutumes qui permettent aux vrais coupables de demeurer impunis.

Le 9 février, lors de la réunion parlementaire, le député copte Emad Gad demande au président de l’Assemblée de mettre cette « affaire illégale » à l’ordre du jour. Demande refusée. Le député menace de démissionner. Plus de 70 députés se lèvent, protestent et soutiennent leur collègue. En revanche, le député salafiste du village d’al-Amiriya, cheikh Ahmed al-Hawari, membre du parti al-Nour, soutient la sentence litigieuse : « Cheikh Hassan a ordonné le départ de huit familles coptes pour éviter des troubles sanglants », hasarde-t-il, déclenchant une bronca et une interruption de la séance.

« Infâmie en 2012″

Dimanche matin, plusieurs partis politiques, notamment la Coalition du parti populaire social, le Mouvement des Égyptiens contre la discrimination, le Parti social-démocratique égyptien… ont rejoint la marche organisée par les jeunes de Maspéro, le quartier copte. Des centaines de manifestants se sont dirigés vers l’Assemblée du peuple sans être pris à partie par la police. Le Parlement agit enfin et demande officiellement au comité des Droits de l’homme d’étudier les dossiers d’al-Amiriya et de former une commission parlementaire chargée de se rendre dans le village pour mener une enquête sur le terrain. « Il faudra plusieurs jours pour aboutir à un résultat. Nous espérons que le comité des Droits de l’homme formulera des recommandations au gouvernement et exigera le retour des huit familles expulsées », explique le député Gad. Ne faudra-t-il pas compter avec la haine des villageois ? « Les autorités devront prendre les mesures nécessaires pour protéger ces familles. Cette décision tribale d’expulsion, parfaitement illégale, pourrait servir d’exemple, ce qui serait très grave. Il faut imposer la souveraineté de la loi. »

Lundi matin, plusieurs journaux rapportaient cette marche vers le Parlement, et publiaient les déclarations de certains manifestants dénonçant la discrimination religieuse et l’inaction des forces de sécurité… « L’indifférence de l’État, notamment du Parlement, vis-à-vis de l’expulsion de huit familles coptes d’un village, suite à une histoire d’amour entre un jeune copte et une musulmane, relève de l’infâmie en l’an 2012, dans une Égypte abritant l’islam modéré », peut-on lire dans l’éditorial du journal indépendant al-Chorouk.

(via Le Point et France Inter)


Posted in News on février 14, 2012

Le Pape Chenouda III a exprimé le souhait qu’au moins quatre coptes participent au gouvernement d’union nationale réclamé par le parti Liberté et Justice des Frères musulmans. Fin calcul politique ou habitude de faire avec les gouvernements successifs?

S’allier avec les islamistes pour se protéger des islamistes. C’est en somme le pari que semble faire Sa Sainteté Chenouda III, le pape des coptes-orthodoxes. Depuis les élections législatives qui ont vu une vague islamiste l’emporter à la Chambre des députés égyptiens, les Frères musulmans tentent de se donner une image de modérés et de démocrates, afin de se différencier des radicaux salafistes qui sont devenus à la surprise générale la deuxième force politique du pays. Cela a consisté, par exemple lors du Noël copte, à ce que des jeunes de la Confrérie viennent symboliquement protéger les églises, ainsi qu’à ce que les principaux dirigeants des Frères rivalisent de déclarations aimables sur la pleine citoyenneté des chrétiens égyptiens.

> Mercredi, le Parti Liberté et Justice des Frères musulmans a appelé à la formation d’un gouvernement d’union nationale, afin de remplacer l’actuel cabinet de M. Kamal al-Ganzouri, largement discrédité dans l’opinion pour son incapacité à protéger les citoyens lors des récentes manifestations mais aussi lors de la catastrophe du stade de Port-Saïd, qui a fait 71 morts et plusieurs centaines de blessés, et dont beaucoup d’Egyptiens, à tort ou à raison, attribuent la responsabilité au gouvernement.
> Cet appel à l’union a rencontré un écho très favorable chez le leader spirituel copte. Selon une source cité par la presse égyptienne, le pape souhaiterait voir pas moins de quatre coptes figurer au gouvernement. Le Bloc égyptien, coalition de quinze partis de gauche, religieux ou laïcs, a également fait savoir qu’il était intéressé.

> Sur le terrain, la situation est toujours difficile pour les coptes: on a appris hier qu’à Sharbat, près d’Alexandrie, huit familles coptes ont été contraintes à l’exil à cause d’une rumeur. Le 27 janvier dernier, des centaines d’hommes ont attaqué la maison et l’échoppe de Guirguis Sami Mourad, l’accusant d’avoir une liaison avec une femme musulmane. Le copte s’est livré à la police par peur du lynchage, et bien lui en a pris, puisque sa maison et son magasin ont été aussitôt incendiés. Le conseil des anciens du village s’est réuni et a condamné huit familles coptes à quitter sans délai les lieux, en laissant sur place tous leurs biens qui devront être vendus. La cellule locale des Frères musulmans a nié l’affaire, rapportée par l’Initiative égyptienne pour les droits de la personne.

(via La Vie)


Posted in News on février 12, 2012

Alexandrie, 10 février 2012 (Apic) Des milliers de musulmans fanatisés, guidés par des leaders salafistes, ont attaqué à plusieurs reprises les chrétiens coptes du village de Kobry-el-Sharbat (el-Ameriya), près d’Alexandrie. Des maisons et des magasins coptes ont été pillés avant d’être incendiés, rapporte l’agence de presse catholique AsiaNews à Rome dans son édition du 9 février.

A Kobry-el-Sharbat, un village près d’Alexandrie, les salafistes ont semble-t-il décidé d’expulser les 62 familles coptes.

Le 27 janvier, quelque 3.000 musulmans conduits par des salafistes ont incendié des maisons et des boutiques appartenant à des coptes. Parce qu’un barbier musulman accusait un tailleur chrétien d’avoir une photo « illégale » d’une femme musulmane sur son téléphone portable. On sait aujourd’hui que c’était faux, mais le chrétien et sa famille ont été contraints de quitter le village.

Le 30 janvier, une foule de musulmans passa de nouveau à l’attaque, incendiant trois autres maisons de coptes, sous les yeux des forces de l’ordre. A la suite de quoi des élus musulmans ont demandé aux autorités qu’un riche commerçant copte, Soliman, soit expulsé du village, et que ses biens soient vendus, parce qu’on l’avait vu, lui et ses fils, tirer en l’air pendant que sa maison brûlait. Sic. La famille a affirmé qu’elle n’avait pas d’armes à feu, mais les deux fils sont sous le coup d’un mandat d’arrêt…

Le 1er février a eu lieu une « réunion de conciliation », où Soliman a accepté de vendre ses biens et de quitter le village, pour éviter les nouvelles attaques dont menaçaient les salafistes. Mais personne ne les empêchera de continuer l’épuration ethnique de Kobry-el-Sharbat.









(via Le Salon Beige)


Posted in News on février 9, 2012

Le Pape Shenouda III, chef de l’Eglise Copte orthodoxe, a rejoint d’autres forces politiques et sociales ce mercredi afin de rejeter la journée de désobéissance civile que certains militants ont appelé à célébrer le 11 Février à l’occasion du premier anniversaire de la démission de l’ancien président Hosni Moubarak.

Quelques institutions islamiques, y compris Al-Azhar et Dar al-Ifta, ont exprimé leur désapprobation du plan, ainsi que les Frères musulmans et sa Parti Liberté et Justice.

Le Conseil suprême des forces armées a également critiqué l’idée.

Les forces politiques, en particulier le Mouvement de la jeunesse du 6 avril et partisans de Mohamed ElBaradei, ont appelé à la désobéissance civile nationale ce jour-là pour exiger un rapide transfert du pouvoir aux civils et accélérer les procès pour ceux qui sont impliqués dans le meurtre de manifestants.

Ce mardi, 40 mouvements et partis politiques ont convenu de commencer la désobéissance civile un jour à l’avance, avec une marche au siège de la SCAF à Abbasseya.

Le Pape Shenouda a déclaré lors de son sermon hebdomadaire du mercredi que la désobéissance civile est « inacceptable par la religion et l’Etat. »

« Les versets de la Bible qui exhortent [les gens] a obéir à leur chef sont nombreux », a déclaré le Pape Shenouda. « Peut-être que les gens qui appellent à la désobéissance civile l’effectueront pendant quelques jours puis y mettront fin. Que Dieu fasse passer ces jours paisiblement.  »

« En ces jours, nous vivons dans un état de transition, ce qui ressemble un peu à un chaos, et il peut se transformer en une habitude car il n’y a personne pour mettre une limite à cela. Certains appellent à la désobéissance civile, et je ne sais pas ce que ce mot signifie » a dit le Pape Shenouda dans le prélude à son sermon sur la repentance.

Le Pape Shenouda a appelé la police et les militaires à protéger les gens.

« Nous, mes frères, sommes en quête d’une vie spirituelle saine et acceptable par Dieu, bénéfiques à tous, bénéfiques à la communauté où nous vivons et à l’écart aussi de toute forme de déviation dans l’ordre pour [établir] des liens d’amour, et d’atteindre les objectifs de toutes les personnes dans ce cher pays » a t-il dit.

(via Al Masry Al Youm)


Posted in News on février 8, 2012

Fabienne Le Houérou historienne, chercheur au CNRS (IREMAM) et auteure de « Quartier 4 et demi » aux éditions Encre d’Orient était l’invité de l’émission « Question de tout » sur BeurFM le 30 Janvier 2012.

Une interview sur la situation des Coptes en Egypte dans les quartiers pauvres :


Posted in News on février 8, 2012

Un tonitruant appel à la prière en pleine séance a donné lieu, mardi, à cet échange tendu entre Saad el-Katnani, le président de l’Assemblée, issu de la formation des Frères musulmans, qui détient près de la moitié des sièges, et le fondamentaliste Mamdouh Ismaïl, un élu de la mouvance salafiste (fondamentaliste) qui pèse un quart des députés.

« Vous n’êtes pas plus musulman que moi. Il y a des mosquées pour lancer l’appel à la prière. Cette chambre est faite pour discuter. Vous n’avez pas à vous livrer à ce show médiatique », a grondé Saad el-Katnani. La séance était retransmise à la télévision.



Un député des Frères musulmans, Sayid Askar, qui fait figure d’autorité religieuse, s’en est lui aussi pris au trublion : selon lui, aucune prière ne justifie de perturber l’ordre du jour du Parlement, et il est parfaitement possible de décaler l’une des cinq prières de la journée, voire d’en fusionner deux, pour effectuer correctement son travail de député.

Askar avait déjà rappelé à l’ordre des salafistes qui truffaient leurs interventions de citations religieuses, souvent inexactes et qui plus est à contretemps.

Mamdouh Ismaïl est l’un des salafistes les plus radicaux de l’Assemblée, et le plus férocement procédurier.

Avocat, il avait porté plainte, début janvier, contre Naguib Sawiris, un homme d’affaires chrétien, patron de la société de téléphonie Orascom, et cofondateur du Parti (laïc) des Egyptiens libres.

Sawaris se serait rendu coupable de « blasphème », selon les salafistes, en mettant en ligne -en juin dernier- un dessin représentant Mickey et Minnie contraints d’adopter la mode salafiste après une victoire des islamistes aux législatives.


Posted in News on février 2, 2012

Fabienne Le Houérou, universitaire, chercheuse, a pris le parti de raconter, de l’intérieur, la situation de la communauté copte d’Egypte, mise à mal depuis l’attentat du début de 2011, à Alexandrie. Le roman Quatre et demi, paru en ce début d’année aux éditions Encre d’Orient (Paris), nous fait ressentir la réalité du déchirement. La littérature permet ce va-et-vient nécessaire entre la réalité et la réflexion. Le roman nous prend par la main pour nous entraîner dans ce monde lointain et inconnu que l’actualité propulse dans notre salon. Fabienne Le Houérou nous en parle.

-Pourquoi vous intéressez-vous à l’Egypte ?

J’ai habité l’Egypte pendant 4 ans dans un centre de recherche en tant que chercheuse. J’avais lancé un programme sur les migrations africaines forcées. Dans ce cadre, j’ai publié trois livres, Migrants forcés en Egypte et au Soudan, en 2004, Darfour, le silence de l’araignée, en me basant sur des enquêtes scientifiques longues dans les lieux des exilés africains. C’est ainsi que j’ai travaillé à Quatre et demi, un quartier dans la grande périphérie du Caire, où cohabitaient des coptes et des exilés du Soudan.
Le 1er janvier 2011, un attentat fait de nombreuses victimes parmi les coptes. Quelques jours après, les coptes rejoignent la révolution égyptienne, place

-Tahrir. Aujourd’hui, après la victoire des islamistes aux élections, comment les coptes envisagent-ils leur existence dans ce pays ?

Les coptes ont subi un attentat meurtrier à Alexandrie alors qu’ils priaient. En pleine messe, ils ont été meurtris de plein fouet avec une violence inouïe. Ils ont conclu que le régime de Moubarak ne les protégeait plus. Cet attentat a eu un impact extrêmement important dans la détermination de la communauté copte à renverser le régime. En effet, on a dit que les salafistes avaient commis cet attentat, mais la réalité est plus complexe et plus trouble. Les coptes ont pensé que, d’une manière ou d’une autre, l’armée était impliquée. C’est la raison pour laquelle ils ont massivement participé au renversement du régime, même les plus pauvres, comme dans le quartier de «Quatre et demi» sur lequel se base le roman. Les coptes ont récemment assisté aux funérailles d’un clerc d’Al Azhar, et récemment les Frères musulmans ont pris un candidat copte contre un salafiste dans une circonscription.

Les Frères musulmans se posent comme protecteurs de la communauté copte. Les coptes sont donc l’objet de chantage entre deux grands rivaux politiques. Les coptes les plus riches ont le loisir d’émigrer, même si cela reste pour eux un choix déchirant, car ils se sentent égyptiens à 100%. Les plus pauvres savent qu’ils sont les otages des batailles électorales… Ils semblent préférer les Frères musulmans, qui n’ont jamais proféré de menaces publiques, aux salafistes. Sur le Daily-motion, un cheikh salafiste s’est récemment exprimé en déclarant : «Les coptes n’existent plus en Egypte, scientifiquement.» Des termes qui nous rappellent de mauvais moments de notre histoire.

-Le livre éclaire sur une communauté dont on parle peu lorsqu’on aborde l’Egypte, celle des Soudanais chrétiens. Est-ce pour vous une façon de nourrir un ressort littéraire, ou cette présence est-elle si importante que cela ?

En parlant des Soudanais, j’évoque une réalité que je connais pour être spécialiste de cette question. Ce sont d’ailleurs les Soudanais qui m’ont introduite dans les milieux coptes. Il y a des milliers de réfugiés soudanais au Caire. Le Caire est la capitale où il y a le plus de réfugiés urbains dans le monde. 95% de ces réfugiés viennent du grand Soudan, pays voisin, en guerre depuis 1983. Moubarak disait qu’il y avait 4 millions de réfugiés soudanais ! Un chiffre complètement faux qui a engendré un racisme anti-africain. Rappelez-vous, en décembre 2005, le régime de Moubarak avait massacré 300 Soudanais ! Ils ont été sauvagement tués sur une place où ils campaient pour manifester en faveur de leur droit d’asile. Aucun média n’a parlé de ce massacre que j’ai relaté dans un film et un article (cf Darfour le silence de l’araignée, Paris, L’Harmattan, 2009).
Les Soudanais vivaient dans le même quartier que les coptes en provenance de Haute-Egypte déplacés eux aussi. C’est une logique réelle du déplacement.

-Pourquoi avoir choisi le style romanesque pour parler de la question des coptes en Egypte ?

En réalité, la fiction vient du style et dans la manière de construire le récit. J’ai puisé dans mon expérience de chercheuse en sciences humaines. Les personnages sont réels. Je les ai rencontrés au cours de mes enquêtes et m’ont inspiré une écriture où la fiction se mélange à la réalité. C’est si difficile de parler de religion de manière scientifique : j’ai préféré la fiction. Et puis, j’avais envie d’explorer le champ poétique. La science souvent nous interdit la poésie. Or, quoi de plus vrai ? C’est la poésie des êtres qui nous fait entrouvrir une forme d’authenticité, la saveur des territoires décrits et des êtres rencontrés. La ferveur, qui tient une place importante dans le livre, ne pouvait se narrer que de manière allégorique. Cette expérience textuelle a été vraiment un voyage sur un territoire poétique.

-Vous ne faites pas que des recherches et un travail d’écriture, vous êtes aussi derrière la caméra. Pourquoi ?

La fiction vient aussi de ma manière de travailler mes enquêtes scientifiques avec une caméra. La dimension visuelle de mes textes est une réalité de ce travail à l’image que je réalise moi-même, seule avec une caméra. J’ai réalisé trois films documentaires diffusés sur différentes chaînes de télévision (Nomades et pharaons, à voir sur Daily-Motion, Voix du Darfour visible sur TV5 monde… Et bientôt sortira le film Quatre et demi).


Posted in News on février 2, 2012

Les rumeurs autour de la santé du pape des coptes orthodoxes Chenouda III vont bon train en Egypte, où la question de sa succession se pose, mais aussi la représentativité des coptes en politique.

EGYPTE: LA SANTE DU PAPE CHENOUDA III SE DEGRADE

Les rumeurs font état depuis longtemps de la mauvaise santé du vénérable pape des Coptes, âgé de 88 ans. Mais c’est la première fois qu’un officiel, en l’occurence le président de l’Association générale égyptienne des coptes, en fait état publiquement. Selon Sherif Doss, le prélat souffre de diabète et d’une maladie rénale, mais il est toujours apte à occuper sa fonction; il doit d’ailleurs, selon des sources proches de l’entourage, délivrer son sermon hebdomadaire aujourd’hui. Le journal égyptien Al Masry-Al Youm a de son côté affirmé que le pape aurait été accueilli ces derniers jours dans un hôpital américain, ce qui lui est déjà arrivé il y a quelques semaines. Quant à Mgr Anba Basanti, évêque copte de Helwan et Maasara, il a démenti une rumeur tenace selon laquelle Chenouda III serait dans le coma.

> Chenouda III est la figure proéminente d’une Eglise copte-orthodoxe qui a bien du mal à avoir d’autres figures émergentes. La question de la succession de Chenouda se pose aujourd’hui avec une acuité particulière, alors que l’Egypte vient d’élire le premier parlement islamiste de son histoire, et que la longue tradition de soutien de l’Eglise copte aux gouvernements égyptiens successifs provoque le mécontentement d’une partie de la jeunesse chrétienne. Cette dernière préfère s’en remettre à d’autres représentants, issus de la société civile, comme les leaders du très actif Maspero Coptic Group, ou comme maître Naguib Gobrail, président de l’Union égyptienne des droits de l’homme, qui a appelé hier de ses voeux « l’émergence d’un Conseil politique copte indépendant de l’Eglise copte, et d’un parti politique copte ».

> Du côté des évêques, on commence à évoquer deux noms susceptibles de succéder à Chenouda. Le premier est celui du métropolite Mikhail d’Assiout, qui en tant que doyen du Saint-Synode en prendrait automatiquement la tête en attendant l’élection, ou, s’il refuse, celui d’Anba Bakhamious, métropolite d’El-Beheira. Mais le fait que les deux seuls noms circulant soient les noms de ceux que la règle canonique copte prévoit en cas de vacance n’est pas très bon signe de la vitalité du clergé copte.

(via La Vie)


Posted in News on janvier 28, 2012

Le Pape Shenouda III sera de retour à l’Egypte dimanche après avoir subi un traitement médical aux Etats-Unis.

Ses médecins ont accepté de le laisser partir de la clinique de Cleveland dans l’Ohio, son état étant maintenant stable.

Le pape était dans cette clinique pour un traitement qui a duré près de deux semaines, période pendant laquelle il a subi des traitements complets pour ses reins, le cœur et les jambes.

Une source au bureau du pape a déclaré que les rapports médicaux ont montré une amélioration dans les fonctions vitales de son corps.

Le pape a prononcé son sermon d’habitude mercredi en direct de l’hôpital, et semblait être en bonne santé.

Il a félicité les Egyptiens pour le premier anniversaire de la révolution 25 Janvier, et a salué le parlement nouvellement constitué et son président élu, Saad al-Katatny.

(via Al Masry Al Youm)


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