Accueil / News / [News] Coptes assassinés : les ONG dénoncent la négligence des autorités
[News] Coptes assassinés  : les ONG dénoncent la négligence des autorités

[News] Coptes assassinés : les ONG dénoncent la négligence des autorités


Après l’assassinat de sept coptes en Libye dans des circonstances non encore élucidées, les ONG se mobilisent en Egypte, réclamant une attitude plus ferme des autorités.

Une semaine après la mort en Libye de 7 citoyens coptes assassinés de sang-froid, les réactions en Egypte se multiplient. 21 ONG ont dénon­cé dans un communiqué cette semaine les « déclarations irresponsables du ministère des Affaires étrangères sur le crime terroriste de Benghazi ». « Nous condamnons cet acte terro­riste brutal qui a coûté la vie à des travailleurs coptes en raison de leur identité religieuse, ce qui constitue un crime contre l’humanité », affirme Naguib Gabriel, président de la Fédération égyptienne des droits de l’homme. Et d’ajouter: « Il y a eu une négligence de la part du ministère des Affaires étrangères à l’égard des résidents coptes en Libye ».

Les faits remontent au soir du 23 février lorsque des hommes armés entrent dans un immeuble abritant des travailleurs égyptiens à Benghazi et les emmènent vers une destination inconnue. Les cadavres des 7 hommes enlevés ont été retrouvés le lendemain sur une plage proche, les mains liées et une balle dans la tête. Au nombre de huit au départ, l’un d’eux a réussi à s’enfuir en se jetant de la voiture des ravis­seurs.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel incident se produit. Le 17 mai dernier, un attentat avait pris pour cible l’église catholique de Benghazi, une région où il est devenu très dangereux d’être identifié comme chrétien. Les chrétiens se font en effet très discrets, car les actes de violence et d’intimidation à leur encontre se multiplient. Parallèlement, un certain nombre d’attaques contre des églises et prêtres ont été perpétrées ailleurs en Libye. Les chrétiens, toutes confes­sions confondues, représentent moins de 3% des 6,3 millions d’habitants de ce pays musulman. Des dizaines de coptes ont été arrêtés et torturés, accusés de prosélytisme. L’Eglise a vivement condamné ces assassinats de jeunes travailleurs âgés de 17 à 25 ans, attribués à des terroristes islamistes. « L’Eglise exige l’arrestation des terroristes qui se cachent derrière ce crime odieux », a déclaré l’Eglise copte orthodoxe dans un communiqué. Ces attaques sont-elles dirigées contre les chrétiens seulement? Et que fait l’Etat pour protéger ces citoyens? Le Parlement arabe a dénoncé l’assassinat des coptes en Libye, réclamant l’ouverture d’une enquête sérieuse. Dans un communiqué, l’insti­tution affirme qu’« il s’agit d’un incident indivi­duel qui ne révèle ni la nature du peuple libyen, ni les rapports éternels entre les peuples égyp­tien et libyen ». Fin janvier, cinq diplomates avaient été enlevés à Tripoli par des hommes armés qui les ont retenus pendant plusieurs heures avant de les relâcher. Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la minorité chrétienne en Libye s’inquiète face à la montée de la mouvance islamiste extrémiste en particulier dans l’est du pays. La Libye est deve­nue le repaire de nombreuses bandes islamistes armées, ce qui a poussé la communauté copte visée par ces radicaux à fuir la Libye. Sur les 100000 chrétiens qui vivaient en Libye, il n’en resterait plus aujourd’hui que quelques milliers. Plusieurs arrestations de chrétiens ont eu lieu ces derniers jours à Benghazi pour prosélytisme.

Situation hors de contrôle

Dans un communiqué publié cette semaine, le ministère des Affaires étrangères indique que la situation en Libye est hors de contrôle et que le meurtre avait probablement pour motif le vol. « Nous demandons aux citoyens en Libye d’être très vigilants », affirme le ministère. Les ONG en Egypte ne sont pas convaincues. Naguib Gabriel estime que le gouvernement n’assume pas sa responsabilité de protéger les citoyens égyptiens à l’étranger. « L’Egypte n’a dépêché aucun enquêteur sur place afin d’iden­tifier les auteurs de ce crime et de vérifier s’ils sont liés à des groupes terroristes en Egypte », assure Safwat Girgis, directeur du centre. Et d’ajouter: « Le porte-parole du ministère, Badr Abdel-Atti, a adopté un scénario étrange. Selon lui, les victimes auraient essayé d’émigrer en Italie par la Libye, et un litige financier aurait éclaté avec les responsables de l’immigration, ce qui a conduit à leur mort. Quand l’agence de presse Reuters citait des témoins et un officier libyen de Benghazi disant que cette région est contrôlée par des militants islamistes et groupes terroristes, les responsables du ministère cher­chaient à réduire la gravité de ce crime ».

Face à une colère qui s’amplifie, le ministère a changé de ton affirmant qu’il « travaillerait en vue de préserver les droits juridiques et financiers des martyrs ». Naguib Gabriel n’est pas satisfait de ces déclarations qui, selon lui, visent seulement à calmer l’opinion. Il appelle à la création d’un comité formé de représen­tants des ministères des Affaires étrangères, de la Justice, et des organisations des droits de l’homme pour déterminer la cause de ce crime. « Il faut enquêter sur ce crime et traduire les auteurs en justice », affirme Gabriel. Lundi, le procureur général ordonnait finalement l’ouver­ture d’une enquête, pour déterminer les circons­tances de ce crime odieux.

(via Ahram)

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Revenir en haut de la page
Visit Us On FacebookVisit Us On TwitterVisit Us On Pinterest