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[News] La nouvelle Constitution devrait permettre une certaine «dé-islamisation»

[News] La nouvelle Constitution devrait permettre une certaine «dé-islamisation»


Alors que les milieux chrétiens égyptiens estiment que le préambule de la Constitution égyptienne – soumise à référendum les 14 et 15 janvier 2014 – reflète par trop l’influence du parti salafiste ultraconservateur Al-Nour (Parti de la Lumière), les Frères musulmans affirment vouloir boycotter le scrutin. Les partisans de l’ex-président islamiste Mohamed Morsi, regroupés dans l’Alliance anti-coup d’Etat, vont lancer une campagne contre cette nouvelle Constitution.

Le débat sur l’identité de l’Etat – plus ou moins islamique ou laïc – a été chaud jusqu’au dernier moment lorsque la Commission des 50 chargée d’amender la Constitution égyptienne de 2012 – élaborée sous le régime des Frères musulmans – a décidé de supprimer la formule «l’Egypte est un Etat civil».

La formule «l’Egypte est un Etat civil» a été supprimée

Il l’a remplacée par «l’Egypte est un Etat démocratique moderne», soulevant les protestations des représentants de l’Eglise. Fin novembre, l’évêque Paul, représentant l’Eglise copte orthodoxe au sein de la Commission des 50, avait une nouvelle fois menacé de s’en retirer en raison de la suppression, sans consultation, de la phrase mettant en avant «le caractère civil de l’Etat».

L’introduction, dans le préambule du projet de Constitution de 2013, de la formule «gouvernement civil» est une indication de la «dé-islamisation» du texte fondamental, écrit Hicham Mourad, rédacteur en chef du journal égyptien francophone «Al-Ahram Hebdo».

En effet, écrit-il, le terme «civil» n’existait ni dans la Constitution de 1971, ni, a fortiori, dans celle de 2012. «Après l’expérience malheureuse des Frères musulmans au pouvoir, les libéraux, soutenus par les représentants des trois Eglises égyptiennes, copte, catholique et anglicane, insistaient pour introduire ce terme afin de couper court à toute tentative d’islamisation de l’Etat, à l’avenir».

Insistance des libéraux et des Eglises sur le caractère civil de l’Etat

Cette volonté de souligner le caractère civil de l’Etat a donné lieu à un débat intense avec les salafistes, auxquels se sont joints par moments les docteurs de l’Université islamiste Al-Azhar. Al-Nour s’opposait à toute insertion du terme «civil», car pour lui, souligne Hicham Mourad, il traduit des valeurs occidentales et laïques. Les libéraux voulaient au départ utiliser la formule «Etat civil», ce qui a été rejeté par Al-Nour et Al-Azhar, car pour eux, elle pourrait signifier un «Etat laïc». La formule de compromis a été finalement «l’établissement d’un Etat démocratique moderne, dont le gouvernement est civil».

Pourtant, la Constitution, qui interdit la création de partis politiques à référence religieuse, maintient les articles 2 et 3 de la Constitution de 2012 qui stipulent que «l’islam est la religion de l’Etat» et «les principes de la charia sont la source principale de la législation». L’article 3 donne aux juifs et aux chrétiens le droit de recourir à leurs religions respectives pour les questions de statut personnel. Quant à l’article 219, qui avait été proposé par le parti Al-Nour et qui rendait la référence à l’islam beaucoup plus contraignante, il a été annulé au grand dam des salafistes.

(apic/alharam/be)

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