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[News] Le chrétien mort en Lybie serait mort en prison sous les tortures


La quarantaine de vendeurs ambulants coptes égyptiens arrêtés en février dernier dans le Souk Al-Jareed de Benghazi, à l’est de la Libye, ont affirmé avoir été torturés par des islamistes libyens. Les militants salafistes voulaient les convertir à l’islam. Ces chrétiens ont été accusés de faire du prosélytisme parmi les musulmans, parce qu’ils étaient en possession de bibles et portaient une petite croix tatouée sur leur poignet. Il s’agit là d’une coutume que l’on rencontre chez tous les coptes égyptiens.

Les charges contre la plupart d’entre eux ont été abandonnées et ils ont été libérés et expulsés du pays où ils seraient « entrés illégalement », selon les autorités libyennes. Quatre d’entre eux ont cependant été transférés dans une prison de Tripoli, où l’un des prisonniers, Ezzat Hakim Attallah, est décédé dimanche 10 mars. Il a été enterré en Egypte le 13 mars.
Selon l’avocat copte Naguib Guebraïl, de l’Union égyptienne pour les droits de l’Homme, la victime est décédée après avoir été torturée. Les autorités libyennes affirment que cet homme de 45 ans était diabétique et avait subi une chirurgie cardiaque. Il serait ainsi décédé en prison de mort naturelle. Sa sœur Hala, interrogée le 12 mars par le site internet MidEast Christian News MCN, a affirmé qu’Ezzat Hakim Attallah n’était ni diabétique ni ne souffrait d’une insuffisance cardiaque.

Forcés à cracher sur le portrait du pape Chénouda III

Les coptes renvoyés en Egypte affirment avoir été torturés par des islamistes libyens, liés à la mouvance fondamentaliste salafiste. Leurs familles ont dénoncé le fait que les personnes capturées à Benghazi avaient été humiliées, torturées et que leurs geôliers auraient tenté de faire disparaître à l’acide les croix tatouées sur leurs poignets. En décembre 2012, deux coptes étaient tués devant l’église copte orthodoxe de Mar Gerguis (Saint Georges) à Dafniya, dans la province de Misrata. Les arrestations de missionnaires ne se comptent plus et au début mars, à Tripoli, des chrétiens qui priaient ont été attaqués par des hommes armés.

« Ils nous ont forcé à prononcer la profession de foi islamique (« al-shahaadatayn »), témoigne l’un d’eux et à cracher sur l’image de feu le pape Chénouda III », rapporte le 13 mars l’agence catholique AsiaNews à Rome. Jusqu’à présent, le gouvernement égyptien ne s’est pas prononcé sur les conditions d’arrestation et de détention de ces citoyens égyptiens, ni sur l’éventualité d’une discrimination religieuse. Les parents des victimes réclament justice et accusent le gouvernement islamiste du président Morsi de protéger les salafistes libyens.

Agressions continuelles contre les chrétiens depuis la chute de Kadhafi

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, les cas d’agression ou les attaques contre les minorités étrangères vivant en Libye ont considérablement augmenté. Les communautés les plus touchées sont les Egyptiens, et parmi eux les chrétiens coptes, catholiques et orthodoxes. En février, un groupe armé a attaqué une église dans la capitale de la Cyrénaïque. Les assaillants s’en sont pris à deux prêtres coptes, le Père Paul Isaac, et son assistant. A la fin février, quatre étrangers – un Egyptien, un Sud-Africain, un Sud-Coréen et un Suédois avec passeport américain – ont été arrêtés et accusés de posséder des Bibles et d’autres matériels destiné à faire du « prosélytisme religieux ».

La présence de militants islamistes affecte également la présence des congrégations religieuses catholiques actives depuis des décennies sur le territoire libyen. Elles sont notamment engagées dans le travail hospitalier et l’accompagnement des personnes âgées. En janvier, les islamistes ont fait partir de Barce les Sœurs franciscaines de l’Enfant Jésus et les Sœurs ursulines du Sacré-Cœur de Jésus travaillant à Beida. Auparavant, les religieuses du couvent de la Sainte Famille de Spolète, à Derna, avaient été contraintes de quitter la Libye en raison de menaces continues proférées par les extrémistes islamiques, en dépit de l’opposition des habitants de la ville qui voulaient que les sœurs restent.

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